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[Bilan 2013] Le bilan comics, mangas, ciné, musique, séries TV

24 Décembre 2013 , Rédigé par Samizo Kouhei Publié dans #Comics, #Mangas

Je termine le bilan de l'année avec pêle-mêle mon bilan cinématographique, BDesque, musique. Si je devais faire un bilan du blog, j'avoue que j'en suis très content, même s'il était au début un repli suite à mon bannissement de Gameblog, m'empêchant de poursuivre mon ancien blog qui rencontrait son petit succès. Mais je suppose que je ne collais plus de toute manière au nouveau Gameblog, entre news racoleuses et hors-sujet, polémiques en tous genres et façonnage de la communauté pour qu'il ne reste plus que des moutons tous acquis à la ligne éditoriale du site et aux pitreries permanentes de la rédaction, de plus en plus discréditée ... en dépit de sa quête permanente de respectabilité !

[Bilan 2013] Le bilan comics, mangas, ciné, musique, séries TV

J'ai vu pas mal de films cette année au cinéma (et revu pour certains en DVD). Mon top 5

est

1. Gravity

2. Django Unchained

3. Pacific Rim

4. La Désolation de Smaug

5. Man of Steel

Au rang des grosses déceptions, World War Z, un blockbuster sans âmes et aseptisé qui surfe sur la vague des zombies.

J'ai également rattrapé mon retard cinématographique grâce à la présence d'une solderie Noz près de chez moi qui propose régulièrement des Bluray / DVD à prix cassés (et pas que des productions au rabais)

[Bilan 2013] Le bilan comics, mangas, ciné, musique, séries TV

Je ne peux pas établir un top comics et mangas, mais je peux distinguer des grandes tendances, sachant que je n'ai jamais autant acheté de comics et aussi peu de mangas :

- Urban a réussi définitivement à implanter DC en France. En même pas 2 ans, Urban s'est imposé comme mon éditeur préféré, avec du nouveau matériel (Saga) et des rééditions attendues (All-Star Superman, Sandman).

Bien sûr, l'éditeur est tributaire de la qualité intrinsèque des histoires (et ne fait donc pas de miracle sur des histoires médiocres comme Knightfall ou la déception Deuil de la Famille) mais au niveau de l'édition, c'est toujours du très haut niveau. Le rapport qualité / prix est bien plus satisfaisant que du temps de Panini.

- En parlant de Panini justement, j'ai très peu acheté de Marvel cette année. Je me suis laissé tenter par le relaunch des revues dans Marvel Now, mais je commence sérieusement à me demander si je vais continuer, d'autant que beaucoup des séries vont sortir en librairie.

- Chez les autres éditeurs, j'ai été soulagé de la reprise de la publication de Locke & Key par Milady et j'ai continué à acheter Tony Chu chez Delcourt. Chez Glénat, je suis en train d'acheter l'intégrale Don Rosa.

- Au niveau des mangas, je continue à acheter l'édition ultime de Dragon Ball, One Piece, Jojo (réédition de Stardust Crusaders et édition de Steel Ball Run).

Pour les nouvelles séries, je retiens L'Attaque des Géants, Assassination Classroom et Cesare. Etant donné que mon budget n'est pas extensible, j'ai du retard dans certaines séries, que j'essaie de combler par des reventes de titres que je ne lis plus (même si je commence à atteindre un noyau incompressible).

[Bilan 2013] Le bilan comics, mangas, ciné, musique, séries TV

Mon bilan musical est un peu faussé, car je n'ai pas vraiment écouté beaucoup d'albums en détail, la faute à une consommation accrue de podcasts (les classiques et les nouveautés).

Je retiens quand même de cette année le nouvel album de Janelle Monae, The Electric Lady, un album qui atteint presque les sommets du précédent album.

En découverte, je retiens l'album éponyme de Dungeonesse, les nouveaux Daft Punk Random Access Memories (après des premières écoutes qui m'ont laissé un peu perplexe) et Pet Shop Boys, Electric. Au rang des bonnes surprises également, les nouveaux Protest the Hero (que je n'ai hélàs pas pris le temps de bien écouter), PVT et !!!. Je retiens également le premier album de Kavinsky (même s'il n'est pas dans le même ton que l'imparable hit Nightcall).

Au rang des déceptions, le nouvel album d'Austra et l'éponyme de Dream Theater.

[Bilan 2013] Le bilan comics, mangas, ciné, musique, séries TV

Je n'ai pas regardé toutes les nouveautés de la rentrée télévisuelle, j'ai même laissé de côté certaines séries au long cours (How I met your mother, the Big Bang Theory et même les saisons 4 de Community et d'Arrested Development). J'ai par contre continué à regarder avec intérêt la saison 6 de The Mentalist, sans doute la dernière, où on découvre enfin l'identité de Red John et j'ai surtout découvert 2 séries nées l'année dernière, Elementary (Sherlock Holmes à New York, avec dans le rôle de Watson ... Lucy Liu !) et surtout Arrow, la divine surprise venant de la CW (la chaîne de Smallville), surtout au travers d'une première moitié de saison 2 formidable. C'est la série qui montre que l'on peut installer un univers comics crédible à la télé.

Ce que Marvel Agents of SHIELD, LA déception de l'année, a échoué à faire jusqu'à présent. J'ai bon espoir que le staff de Joss Whedon réussisse à relever le niveau en 2ème moitié de saison.

C'en est fini des bilans en cette fin d'année 2013. Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter de bonnes fêtes de fin d'année.

A l'année prochaine pour de nouvelles découvertes sur le blog !

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[Bilan 2013] Le bilan d'une année vidéoludique

21 Décembre 2013 , Rédigé par Samizo Kouhei Publié dans #Actu JV

Encore une grande année en termes de jeu vidéo. Une fois n'est pas coutume, j'ai essentiellement fait des jeux sortis cette année. La 3DS est ma console de l'année : bien qu'elle ne se soit réveillée qu'en avril avec Fire Emblem Awakening, elle a par la suite enchaîner les hits, au point que je n'ai pas pu faire certains jeux encore (le dernier Layton, Bravely Default -qui attend sous le sapin) ou pas eu le temps de les finir (Pokémon Y, Mario & Luigi Dream Team).

Pour autant, la Vita a également montré tout son potentiel, entre remakes fabuleux (Persona 4 Golden), portages de jeux indés PC (Hotline Miami, Lone Survivor), déclinaisons de jeux PS3 (Dragon's Crown, Sly 4) et productions originales (Tearaway, Soul Sacrifice). Là aussi je n'ai pas eu le temps de de faire tous les jeux que j'aurais voulu, à plus forte raison avec les jeux offerts par le biais de Playstation Plus.

Je n'ai pas eu le temps de souffler non plus sur PS3, même si j'ai atteint un petit équilibre en pouvant me pencher sur certains jeux des années précédentes depuis quelques semaines. En cette fin de génération, la console a brillé de mille feux, entre Bioshock Infinite et The Last of Us. Le genre du J-RPG a repris quelques couleurs avec Ni no Kuni et Tales of Xillia. Faute de temps et d'argent, j'ai cependant laissé passer quelques jeux intéressants, comme Tomb Raider et GTA V, mais je vais peut-être pouvoir me rattraper l'année prochaine, qui sera plus calme niveau sorties. 2014 s'annonce cependant prometteuse avec les nouveaux épisodes de Wolf Among Us et The Walking Dead saison 2, qui ont commencé très fort.

Sans plus attendre, le top 10 de l'année ! Chaque jeu sera agrémenté d'un morceau tiré de l'OST. Pour des avis plus étayés je vous renvoie aux différentes critiques sur le blog.

10. J'ai attendu la sortie sur Vita pour jouer à Hotline Miami. J'y ai assez peu joué, mais assez pour me faire une opinion sur ce jeu à l'ambiance hypnotique, au gameplay ultra arcade, exigeant sans être punitif.

Le choix a été très difficile mais j'ai décidé de mettre le morceau illustrant le trailer de lancement du jeu (et qui se déclenche aussi durant le générique de fin apparemment). Il s'agit du morceau Vengeance que l'on doit à Perturbator.

9. J'avoue que je n'attendais pas particulièrement le 4ème épisode d'Assassin's Creed après un troisième épisode aussi inégal. En fin de compte, Assassin's Creed IV : Black Flag est une très bonne surprise. Le coeur même du jeu suit la formule complètement rincée des autres épisodes, mais le contenu annexe est dantesque et les phases dans le présent sont une mise en abyme déconcertante d'Ubisoft. Un jeu déstabilisant, séduisant, mais qui montre que la série doit vraiment se réformer. La contre-performance commerciale du jeu et le passage à une nouvelle génération peuvent être l'occasion d'une refondation de la saga.

Le travail sur l'ambiance est assez fabuleux sur cet épisode, avec la présence de chants de marins accompagnant les nombreux voyages en mer.

8. Dans d'autres circonstances, Ni no Kuni aurait été un bon J-RPG sans plus. Mais vu l'état du genre sur consoles de salon, il s'impose comme une bonne surprise. Certes, le jeu n'est pas exempt de défauts (une histoire vraiment au ras des pâquerettes, un dernier tiers très poussif, des combats mous du genou) mais la partie artistique est tout bonnement somptueuse : le chara design de Ghibli et les musiques de Joe Hisaishi. Une merveille pour les sens !

Choix encore une fois cornélien. J'ai joué la sécurité avec le thème de la carte

7. Tearaway est un coup de coeur de cette fin d'année, une exclusivité Vita à la direction artistique somptueuse, et dont le seul défaut est une durée de vie trop courte.

Ma sélection est un morceau illustrant le "pélerinage" de Iota vers le Soleil, une épopée marquée par une OST aux accents souvent tribaux et folkloriques

6. J'ai été très sceptique au début de Tales of Xillia, mais le jeu décolle vraiment à la moitié de l'histoire. Au final, un bon RPG, mais qui a l'instar de Ni no Kuni, jouit surtout d'une concurrence inexistante.

J'ai eu par contre beaucoup de mal à faire un choix pour ce jeu, car l'OST est très inégale, assez décevante pour du Motoi Sakuraba. J'ai cependant trouvé certains thèmes de combat réussis.

5. Mon expérience de la série Fire Emblem est très limitée, l'épisode Awakening fut un très bon contact avec la série. Gameplay adaptable, réalisation du tonnerre, système de génération et de classes incitant à rejouer. Un très bon Tactical RPG !

Une OST de très bon niveau. Le Prelude en est un bon exemple.

4. Phoenix Wright Dual Destinies ou le retour en force d'une de mes séries préférées sur DS. Tout en gardant sa formule et en se simplifiant, ce nouvel épisode s'impose comme un des meilleurs de la saga, grâce à une réalisation tirant parfaitement profit de la 3DS et à une écriture toujours surprenante.

L'OST rappelle bien des souvenirs. Ce nouveau thème illustre les retournements de situation fabuleux que Phoenix arrive à arracher dans les situations les plus désespérées

3. Je n'attendais rien de The Last of Us après l'énorme déception provoquée par Uncharted 3. The Last of Us mérite les louanges quasi unanimes : la réalisation est certes fabuleuse, mais c'est surtout les personnages et l'histoire qui hissent ce jeu au plus haut cette année et de la génération de consoles. Le jeu réserve son lot de scène d'anthologie et une fin volontairement ouverte et ambiguë. Vite la suite ?

J'ai choisi la musique de l'écran-titre, d'une tristesse et d'une nostalgie qui emplissent d'ailleurs l'aventure.

2. Je triche un peu avec Persona 4 Golden, que j'avais commencé en version américaine à la fin de l'année 2012. Mais je ne pouvais pas oublier ce jeu pour sa sortie européenne en 2013, sur une console dont presque tout le monde se contrefout. Le remake brillant d'un des derniers grands J-RPG qui soient sortis.

L'OST de Persona 4 était déjà fabuleuse, et les nouveaux thèmes de Golden ne sont pas en reste, telle le nouveau thème d'introduction.

1. Même s'il est désormais dans l'air du temps de lui cracher dessus (alors que tout le monde l'avait adoré à sa sortie), je persiste et je signe : Bioshock Infinite est LE jeu de l'année, et au niveau du premier épisode d'une série d'hors et déjà dans mes séries cultes. Direction artistique formidable, univers sans concessions et immersif, histoire fabuleuse. Un jeu que j'attendais depuis le fameux trailer de l'E3 2011 et qui ne m'a pas déçu.

Un choix sans doute insolite pour illustrer le jeu, la version Ragtime d'Everybody wants to rule the world, le hit de Tears for Fears. La présence de ce morceau dans l'OST n'est pas anodine pour autant.

2013 fut une très bonne année vidéoludique, et j'ai beaucoup d'attentes pour 2014. L'espérance notamment de pouvoir profiter plus sereinement d'une PS3 où les sorties vont s'espacer, d'une Vita réservant encore plus de bonnes surprises et d'une 3DS encore plus en forme.

Je ne pense pas passer à la nouvelle génération de sitôt mais même sans cela, j'espère une nouvelle année bien remplie.

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The Walking Dead Saison 2 Episode 1 [SPOILERS]

20 Décembre 2013 , Rédigé par Samizo Kouhei Publié dans #Critiques de jeu

The Walking Dead Saison 2 Episode 1 [SPOILERS]

La première saison de The Walking Dead : the Game par Telltale reste à ce jour une de mes expériences vidéoludiques les plus intenses. Alors certes, le gameplay est pratiquement inexistant, mais l'histoire du jeu, ses personnages, l'univers font de ce jeu une expérience inoubliable.

Suite au succès commercial et critique de ce jeu par épisodes, une saison 2 était inévitable. Le premier épisode est enfin sorti, et c'est d'hors et déjà un crochet en plein estomac.

SPOILERS SUR LA SAISON 1 ET CE PREMIER EPISODE

La première saison suivait Lee, un prisonnier qui profite d'un accident lors de son transfert pour s'échapper, et découvrir une ville d'Atlanta livrée à une apocalypse zombie. Il ne tarde pas à rencontrer Clementine, une fillette de 8 ans dont les parents, partis en vacances, ont confié à une babysitter ... zombifiée ! On suit durant les 5 épisodes la relation entre Lee, Clementine et les membres de leur groupe d'infortune.

Au terme de l'épisode 5, Lee est transformé en zombie. Le cliffhanger de la première saison voyait Clementine, seule, hélée par 2 personnes.

Comme on s'en doutait, on incarne Clementine elle-même dans cette saison 2, et les 2 personnages mystérieux sont Omid et Christa, les 2 derniers membres du groupe de Lee.

Le fait d'incarner une fillette plutôt qu'un adulte offre des perspectives intéressantes, d'autant qu'au bout d'un quart d'heure, elle se retrouve seule. Toute la tension de la première saison revient encore plus forte, avec une fille d'une dizaine d'années, qui n'a que son astuce et son expérience de l'horreur pour survivre à ce monde.

Aucune concession dans ce premier épisode : Clementine voit disparaître ses 2 derniers amis, rencontre un chien qui finit par l'attaquer en proie à la faim et qui finit d'ailleurs empalé accidentellement (une scène traumatisante), rencontre un groupe qui pense qu'elle a été mordue par un zombie et qui l'oblige à se faufiler dans leur maison, se recoudre elle-même (une scène insoutenable qui ne nous épargne rien). Le cliffhanger voit Clementine et une de ses nouvelles connaissances fuir des zombies, laissant derrière eux un autre membre (retour des choix cornéliens donc), après avoir découvert un charnier dont les responsables ont des armes à feu ... Durant les 2h30 que dure ce premier épisode, on frémit sans cesse pour Clementine, livrée à elle-même et faisant face à l'horreur.

D'un point de vue technique, le jeu souffre encore une fois de ralentissements en dépit d'un moteur qui est quand même éprouvé depuis la première saison de the Walking Dead (d'autant qu'il n'y a pas autant de problèmes sur le premier épisode de A Wolf Among Us). Le jeu est encore une fois intégralement en anglais.

Quoi de mieux en cette fin d'année que le retour réussi d'un jeu aussi intense ? Clairement pas une aventure joyeuse et adaptée à l'esprit des fêtes de fin d'année, mais un choc, qui démontre, n'en déplaise à un homme en Cage, que l'émotion n'est pas affaire de milliers de polygones et de prétentions cinématographiques.

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[Bilan 2013] Renouveau ou feu de paille pour la presse JV ?

20 Décembre 2013 , Rédigé par Samizo Kouhei Publié dans #Actu JV

J'inaugure la rubrique des Bilans de l'année avec mon ressenti sur la presse jeu vidéo qui a connu des grands changements cette année. Alors que la première moitié d'année laissait présager du pire avec la fin d'IG Magazine en juillet, la fin d'année et l'arrivée de la nouvelle génération de consoles (ce n'est pas une coïncidence) a vu 2 nouveaux magazines apparaître cette année. Constatation générale : l'heure n'est plus au sectarisme PC / consoles, puisque tous les magazines sont désormais oeucuméniques. Même Canard PC a ouvert depuis 2 ans ses pages aux consoles et aux smartphones / tablettes. Petit tour des différents titres que j'ai lus cette année.

[Bilan 2013] Renouveau ou feu de paille pour la presse JV ?

C'est après 4 ans et demi, une vingtaine de numéros et plusieurs hors-série que l'aventure IG Magazine s'est arrêtée. J'ai encore en ma possession tous les numéros (et les hors-séries). Je pense que le magazine a souffert de son manque clair de positionnement en voulant brasser le plus possible : les critiques étaient trop courtes, les interviews des acteurs du jeu vidéo tombaient souvent dans la langue de bois, et les différents dossiers et rétrospectives étaient souvent émaillés d'approximations et restaient trop superficiels. Son prix plus élevé que la moyenne (sur un secteur qui s'est illustrée par une inflation inversement proportionnelle à la qualité et à la quantité de pages) l'a sans doute aussi desservi. L'apparition de la publicité il y a quelques numéros avait déjà montré que le magazine était un peu à la peine.

Reste au final un projet séduisant, un magazine vulgarisateur qui n'a pas su toucher le grand public tout en laissant quelques passionnés déçus.

[Bilan 2013] Renouveau ou feu de paille pour la presse JV ?

Video Gamer est né en toute fin d'année 2012 sur les cendres encore fumantes de Mer7. Le magazine s'est positionné du départ à destination du très grand public, un créneau occupé par Jeux Vidéo Magazine, qui n'a pas tardé à revenir après la fin de Mer7, gardant au passage son logo et sa numérotation.

J'ai acheté les 9 premiers numéros de Video Gamer, un magazine à la maquette agréable, peu cher, au ton sympathique ... mais qui marque toute la contradiction du journalisme vidéoludique. Tout en fustigeant le manque d'audace des productions, le magazine n'hésite pas dans le même temps à faire plusieurs couvertures sur les blockbusters de l'année et à faire des dossiers de plusieurs pages sur les moindres infos sur GTA V ou Fifa 14. Les critiques des blockbusters sont extrêmement consensuelles (Tomb Raider a par exemple décroché la note de 20/20). La découpage du magazine correspond au modèle éculé de la presse : news, previews et tests.

Je ne suis sans doute pas (plus) la cible de ce magazine, qui a fêté sa première année. Je leur souhaite le meilleur, mais je me demande si le fait d'être une copie carbone de Jeux Vidéo Magazine (et vice-versa, jusque dans les couvertures) ne risque pas de porter préjudice au titre.

[Bilan 2013] Renouveau ou feu de paille pour la presse JV ?

Role Playing Game continue son petit bonhomme de chemin, en dépit des déboires de son éditeur Anime Manga Presse (au point que son magazine emblématique, Animeland, repasse bimestriel). Triste constat de voir ce magazine autrefois brillant (fondé par la 2ème équipe rédactionnelle de Gameplay RPG, le magazine culte fondé par Jay) illustrer à la fois l'agonie de la presse et du J-RPG. Le magazine garde la formule News / Previews / Tests, avec le retard aujourd'hui mortifère face à la réactivité du Net. Le magazine en est réduit à gloser sur les annonces des jeux de plus en plus controversés de Square Enix (éditeur auquel on peut au moins reconnaître le mérite de continuer à faire du RPG et à prendre des risques), tandis que les annonces de J-RPG montrent la confidentialité de plus en plus grande du genre, y compris au Japon. Le magazine essaie cependant de faire des dossiers nostalgiques ou sur l'évolution du genre (avec dans ce numéro un dossier pas inintéressant sur les RPG sur smartphones et tablettes). Signe positif également, le magazine a enfin viré la double page de planning qui ne présentait aucun intérêt.

Reste que 6,95€, même pour un trimestriel, est cher payé pour un magazine d'à peine 80 pages et qui a abandonné tout espoir de remonter la pente.

[Bilan 2013] Renouveau ou feu de paille pour la presse JV ?

Retour vers plus d'optimisme avec Canard PC, dont le succès commercial et critique n'a jamais été aussi insolent, alors que le magazine a fêté ses 10 ans. Que le chemin a été long et semé d'embûches, pour un magazine qui aurait pu disparaître au bout de 6 mois ! En fin de compte, il a enterré le colosse Future aux pieds d'argile, après n'avoir eu de cesse de marquer sa différence. Le magazine a acquis une toute nouvelle visibilité, avec une participation désormais régulière d'Ivan Gaudé (directeur de la rédaction) aux émissions du site Arrêt sur Images (un site sur les médias qui marche par abonnement).

Dans le numéro spécial Fêtes, on retrouve des previews enflammées sur Wasteland 2 et Torment, montrant que la passion n'est pas toujours ce prétexte à faire et dire n'importe quoi, mais aussi une partie Console sans concessions qui taille en pièces la next gen et les jeux de lancement (alors que beaucoup d'autres sites sont curieusement très enthousiastes) et la fin attendue de l'histoire mi-sérieuse mi-loufoque du magazine. Enfin, il y a le cahier consacré aux fêtes de Noël, complètement hors-sujet et donc absolument indispensable.

Canard PC a gagné son pari d'être à la fois rigoureux, sans concessions tout en gardant sa bonne humeur, et d'avoir su évoluer avec son temps

[Bilan 2013] Renouveau ou feu de paille pour la presse JV ?

J'avais déjà dit tout le bien que je pensais du premier numéro de JV, le magazine qui regroupe les anciens de Joystick période Future / Mer7. J'avais d'ailleurs été tellement enthousiaste que je n'avais pas tardé à m'abonner pour 6 mois. Le numéro 2 confirme tout le bien que je pense du magazine. Je retiens notamment le dossier sur le débat du jeu vidéo qui tourne en rond qui livre une analyse vraiment intéressante sur la question, la tribune de Kevin Bitterlin qui défend la linéarité et la rétro sur l'année 93, marquée par la sortie de consoles next gen qui se sont détruites toutes seules, et complètement balayées l'année suivante par la Playstation. Au sujet des critiques, j'ai beaucoup apprécié le fait de voir les différents avis de Battlefield 4, là où beaucoup de sites / journaux se contentent de mettre uniquement le test le plus enthousiaste.

JV montre que l'on peut faire du fond ambitieux sous une forme relativement classique. J'attends maintenant avec impatience le numéro 3 qui sortira en toute fin d'année.

[Bilan 2013] Renouveau ou feu de paille pour la presse JV ?

Games est le dernier né à se jeter dans la bataille. Il bénéficie du concours de rédacteurs plutôt connus de la sphère vidéoludique (entre autres Erwan Higuinen et Martin Lefebvre).

Après avoir lu le premier numéro, j'ai des sentiments mitigés.

Le début est étrange (le post mortem de Remember Me, très intéressant est réduit à une seule page), il n'y a pas vraiment de rubriques (aucune différence entre les rubriques "Play" et "Rencontres" qui sont en plus mélangées), le magazine est composé à 90% d'interviews, il y a plein de coquilles (l'encadré sur le jeu the Dark Knight à 2 endroits) et le style un peu bizarre (souvent très sérieux, mais avec des expressions comme "oesf" et "chelou" dans les articles, le top 5 dans l'article Pokémon qui est un véritable Big Lipped Alligator Moment). Curieux de voir 2 dossiers assez ternes sur Ubisoft et la next gen dans un magazine qui se veut différent, surtout que l'éclairage n'est pas forcément différent d'un IG Mag.

D'un autre côté, les interviews sont intéressantes (même si on retrouve toujours les mêmes personnalités du milieu : David Cage, Jenova Chen, Fumito Ueda - qui a apparemment beaucoup de temps libre depuis sa mise au placard-), le fait qu'il n'y ait pas de critiques (enfin une sélection de 5) très appréciable.
Donner la parole aux acteurs du jeu vidéo est louable, mais je doute de la pérennité du magazine, qui ne semble avoir aucun positionnement précis (il n'y a pratiquement aucun article d'analyse).
L'offre d'abonnement de 2 ans, qui donne droit à une version next gen d'AC IV Black Flag (qui est d'ailleurs la seule pub jeu vidéo et mainstream du magazine) me semble un peu présomptueuse. On peut également s'abonner pour un an, mais je pense que proposer une offre à 6 mois aurait été plus judicieux.

2013 a été une année relativement bonne pour la presse vidéoludique. Débarrassée du monopole de Future qui a fini par se cannibaliser, le secteur a donné naissance à de nouvelles pousses, permettant à Canard PC d'être moins seul dans un rayon jeu vidéo menacé de disparition dans les presses. Entre grand public et public de connaisseurs de plus en plus exigeants, la presse jeu vidéo a entamé une mutation fascinante, et espérons le, viable.

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Sandman 3

16 Décembre 2013 , Rédigé par Samizo Kouhei Publié dans #Comics

Sandman 3

Avant de parler du contenu de ce 3ème tome de la réédition de la série de Neil Gaiman, je voudrais apporter une rectification : l'édition d'Urban ne correspond pas à l'édition Absolute américaine : ce n'est pas le même découpage, et l'édition d'Urban publie en "tranches" le contenu du Companions, les entretiens où Gaiman analyse son oeuvre. On voit assez peu le Maître du Rêve dans ce volume, composé de plusieurs one-shots prenant place à différents moments de l'Histoire (on croise notamment Robespierre, Marco Polo ou Auguste) et de l'arc Le Jeu de Soi, mettant en scène un personnage secondaire apparu dans La Maison de poupées (le 2ème arc de la série) qui doit accomplir une quête dans le monde imaginaire de son enfance. C'est l'occasion de voir la conception des mondes imaginaires par l'auteur, avec une dimension psychologique et une distanciation qui font de cet arc prétendu mineur (par de nombreux fans de la série) une très bonne histoire néanmoins.

Il y a aussi un épisode de la série Sandman Mystery Theater (mettant en scène un autre Sandman, le justicier de pulp Wesley Dodds, muni d'un pistolet à gaz soporifique) se déroulant dans le manoir où Morpheus croupit déjà depuis 20 ans (l'histoire se passe en 1939).
L'auteur s'éloigne définitivement du genre horrifique (même s'il y a une scène très graphique d'arrachage de visage) pour livrer une oeuvre ambitieuse, sans concessions, belle et cruelle.

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Nier : Le jeu le plus (sous) estimé

13 Décembre 2013 , Rédigé par Samizo Kouhei Publié dans #Critiques de jeu

Nier : Le jeu le plus (sous) estimé

Nier est le dernier jeu du studio Cavia (qui avait fait les 2 Drakengard sur PS2) qui a dû mettre la clé sous la porte après ce jeu. Les 2 Drakengard étaient des jeux inégaux, où la vétusté de la technique et les lacunes d'un gameplay pourtant imaginatif (mêlant beat'em all et phases de shoot'em up à dos de dragon) côtoyaient une histoire passionnante et un univers d'une rare maturité. J'avoue tout de suite n'avoir joué qu'une dizaine d'heures au premier Drakengard (malgré 2 tentatives) à cause de la difficulté punitive.

Nier est une suite (pas uniquement) spirituelle de ces 2 jeux, avec des graphismes assez décevants (mais à la direction artistique superbe, avec des univers magnifiques et une utilisation fabuleuse de la lumière) et mélange différents styles de jeux (mais de manière plus heureuse) : beat'em all bourrin et nerveux, composante shoot-em up (il faut souvent éviter les « rideaux » de balles ennemies), collecte de ressources comme dans un MMORPG, phases de plateforme 2D et d'autres changement inattendus de styles.

Nier : Le jeu le plus (sous) estimé

Le jeu débute en 2029, dans un Tokyo apocalyptique (il neige en juillet, il n'y a pas âme qui vive, les bâtiments sont délabrés) : le héros tente de protéger sa fille très malade des assauts de mystérieux monstres à l'aspect vaguement organique. Il est contraint de recourir à l'aide d'un grimoire blanc qui lui confère d'importants pouvoirs magiques … Autant le dire tout de suite, ce prologue est assez peu engageant : graphismes moches, sentiment d'être en face d'un vulgaire beat'em all.

La surprise est totale quand on se retrouve 1300 ans plus tard dans un univers médiéval chatoyant, avec le héros qui cherche un remède à la maladie de sa fille … Autant dire que les interrogations par rapport au prologue (et au monde radicalement différent mais qui semble avoir surmonté le pire) sont nombreuses …

Nier : Le jeu le plus (sous) estimé

S'en suit un périple d'une trentaine d'heures où vous rencontrerez des alliés surprenants, des monstres impitoyables et accomplirez des quêtes pour les habitants d'un univers magnifique, portant les traces d'un passé technologique révolu, mais également réduit (4 villages, autant de donjons et quelques espaces ouverts pour faire la transition). La fin apporte son lot de coups de théâtre, avant que le jeu ne vous propose un New Game Plus, qui apporte un tout autre éclairage à la 2ème moitié du jeu (la détermination du héros à accomplir sa quête prend une tournure bien plus sinistre). Au final, ce sont 4 fins qui sont proposées, afin de cerner toute l'histoire du jeu et de vous mettre durablement le cafard (puisque contre toute attente, les fins sont de plus en plus dramatiques).

Nier : Le jeu le plus (sous) estimé

Le jeu compte quelques défauts (le héros a vraiment une sale tête, les sous-quêtes assez peu intéressantes dans leur déroulement, un environnement réduit) mais possède surtout d'immenses qualités : une histoire non manichéenne qui révèle progressivement sa richesse au fil des parties, un univers mystérieux, beaucoup d’humour qui contrebalance la tonalité terriblement tragique, des personnages très intéressants et enfin une bande-son tout bonnement sublime, sans doute une des meilleures jamais composées pour un jeu vidéo.

Ceux qui pestent contre le déclin du jeu japonais sur les consoles current gen devraient jeter un œil sur ce jeu, s'ils ne considèrent pas les graphismes comme primordiaux. C'est le chant du cygne d'une firme qui a choisi la complexité à la facilité, la profondeur à la superficialité. Un choix peu payant, malheureusement !

Le jeu, facilement trouvable pour une bouchée de pain pendant longtemps, doit désormais être plus difficile à trouver aujourd'hui. Tout n'est pas perdu pour l'équipe derrière ce chef d'oeuvre sous-estimé, puisqu'un Drakengard 3 est prévu l'année prochaine. Il sortira également en Europe mais uniquement en dématérialisé, aux dernières nouvelles.

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Catherine : Les limbes de mes nuits sont plus belles que vos jours

12 Décembre 2013 , Rédigé par Samizo Kouhei Publié dans #Critiques de jeu

Catherine : Les limbes de mes nuits sont plus belles que vos jours

En attendant Persona 5, l'équipe responsable de cette saga devenue culte a commis en 2011 Catherine, un puzzle game à l'ambiance démente.

Catherine met en scène Vincent, un trentenaire dont la fiancée, Katherine, veut que leur relation prenne un tour plus sérieux. Perdu dans ses pensées, il est accosté par la court vêtue Catherine. Après une nuit de cauchemar, il se réveille en sursaut au matin, mais il n'est pas seul dans son lit ...

Catherine : Les limbes de mes nuits sont plus belles que vos jours

Le jeu est un puzzle game ardu, où le héros, en caleçon et cornes de bélier sur la tête, doit se frayer un chemin jusqu'en haut d'une pile de blocs cubiques, sur les conseils d'un mystérieuse voix qui le prévient qu'il va mourir s'il ne se dépêche pas. A cet effet, il peut tirer / pousser certains blocs, et peut créer des escaliers. Il faut noter qu'il peut (et doit) se servir des arètes des cubes pour faciliter sa progression. Chaque nuit depuis qu'il a rencontré Catherine, c'est la même galère qui recommence. Le jeu est très difficile et a une durée de vie très longue, avec des fins multiples toutes intéressantes à débloquer.

Catherine : Les limbes de mes nuits sont plus belles que vos jours

Catherine est à mon sens un jeu vraiment adulte. Non pas pour sa violence (certes présente mais plus de l'ordre de l'humour noir) ni pour son érotisme, survendu au moment des premiers visuels du jeu. Il n'y a pas plus de scènes de sexe ou de nudité que dans un épisode de Desperate Housewives, et les tenues et poses de Catherine ne sont pas plus scandaleuses qu'un clip de Lady Gaga. C'est d'un point de vue de ses personnages et de ses thématiques, mises en scène de façon parfois anxiogène et dérangeante, mais ni plus ni moins que dans les Persona, que la dimension mature du jeu se révèle : le passage à l'âge adulte, la fidélité, l'engagement. C'est à ma connaissance le premier jeu à aborder ces sujets de manière réaliste (hormis les phases durant les cauchemars, évidemment).

Pour son premier jeu sur console de salon sur cette génération finissante, Atlus a frappé un grand coup. Un jeu bien plus profond que le buzz racoleur qu'il a provoqué, un gameplay simple mais addictif. J'attend désormais avec impatience un Persona 5 qui devrait être , à l'instar du 4 pour la PS2, le chant du cygne de la PS3.

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Alice Madness Returns : Mer elle et fol

10 Décembre 2013 , Rédigé par Samizo Kouhei Publié dans #Critiques de jeu

Alice Madness Returns : Mer elle et fol

Retour sur l'un des jeux les plus sous-estimés de la génération. Je me suis procuré Alice Retour au Pays de la Folie dès sa sortie, et j'ai d'abord voulu faire le premier épisode (disponible en téléchargement sur le PSN et le XBL, gratuitement si on a acheté le jeu neuf), sorti en 2001 sur PC. Mais l'interface antédiluvienne, les chargements à rallonge et les contrôles typés FPS sur ce jeu de plateformes ont eu raison de ma bonne volonté. D'autres jeux à faire ont relégué le jeu dans ma grande pile de jeux à essayer.

Il aura fallu attendre quelques retours positifs de joueurs sur le Net pour que je me décide à jouer à cette suite d'American Mac Gee's Alice, qui avait fait sensation à l'époque pour sa relecture sombre et sanglante (mais pas gratuite) du dyptique de Lewis Caroll, Alice au Pays des Merveilles et De l'Autre Côté du Miroir. Les tests professionnels ont par contre été plus mitigés (le jeu obtient une note de 70 sur Metacritic, soit "Avis moyens ou contrastés) mais j'ai ma petite idée sur leurs griefs (que je partage en partie).

On suit à nouveau Alice Lidell (qui est le nom de la petite fille qui a inspiré Lewis Caroll dans l'écriture de ses 2 livres) qui tente de se reconstruire après le décès de sa famille dans l'incendie de leur maison. Elle retourne dans un Pays des Merveilles (une construction mentale pour exorciser ses troubles et son sentiment de culpabilité) en plein bouleversement. Il n'est a priori pas nécessaire de faire le premier épisode pour tout comprendre, d'autant que certains personnages changent de camp ou reviennent à la vie.

Alice Madness Returns : Mer elle et fol

La première impression que l'on a quand on lance le jeu, c'est que la direction artistique est superbe (ce qui se confirme au fur et à mesure du jeu) mais que la réalisation est digne d'un (beau) jeu Playstation 2. Les décors sont assez étriqués et on se heurte à pas mal de murs invisibles, les textures sont assez moyennes et la caméra moins qu'optimale (même si elle ne porte pas trop préjudice en fin de compte). La modélisation des personnages est assez simple mais reste d'un bon niveau (même si j'ai pu constater une animation bizarre des longs cheveux de l'héroïne quand elle est sur des plateformes bougeant verticalement). Le jeu reste assez joli (on est loin de l'horreur d'un Deadly Premonition par exemple) et n'entâche pas la direction artistique. Le design général, glauque et steampunk, e est une véritable réussite. L'héroïne, par exemple, est très jolie sans tomber dans le racoleur. Elle a plusieurs costumes (6 dans l'histoire et 6 dans un DLC au prix étonnament bas) mais aucun particulièrement fanservice. Ces costumes ont également chacun leurs avantages. Les cutscenes font le choix de "collages" en 2D d'un esthétisme sûr.

Les musiques et les doublages sont de très bon niveau. Par ailleurs, la localisation en français me semble fort correcte à retranscrire les raisonnements par l'absurde, les jeux de mots et récitations en vers qui sont le propre de la VO (et du dyptique de Lewis Caroll par ailleurs, un véritable casse-tête de traduction). Certains noms de trophées font par ailleurs clairement référence aux expressions inventées à l'occasion des romans.

Alice Madness Returns : Mer elle et fol

Le gameplay est assez old school également, avec ce mélange entre plateformes, puzzles très faciles et combats contre des monstres. Certains ont pu reprocher la répétitivité des 5 mondes du jeu, où l'on fait toujours un peu la même chose. Je dirai simplement 2 choses : on fait toujours la même chose dans un jeu de voiture, un FPS ou un jeu de foot sans que le reproche ne soit fait sur la répétitivité du gameplay. Et de plus, chaque monde réserve sa séquence inédite de gameplay. Le premier monde donne la fausse impression d'un jeu poussif. Et à partir du 3ème monde, on ne décroche plus.

Les phases de plateforme sont nombreuses et sont desservies par la caméra assez capricieuse, mais l'absence de Game Over et la "récupération" automatique et immédiate en cas de chute mortelle empêchent toute frustration. Les combats sont nerveux, assez jouissifs (avec des armes assez peu nombreuses mais toutes utiles) et certains monstres peuvent se révéler coriaces lors de leur première apparition. Etonamment, les combats contre les boss sont très nombreux.

La durée de vie est assez conséquente (une quinzaine d'heures), avec beaucoup d'objets à débusquer (souvenirs, bouteilles, groins de cochon). Un New Game Plus, permettant de conserver les objets récupérés, ses armes et leur niveau, est disponible pour tenter de finir le jeu en difficulté plus élevée. J'ai pour ma part fini le jeu en Normal lors de ma première partie, sans connaître de difficultés (à part un combat assez tendu dans le premier monde). Les armes deviennent tellement destructrices au niveau maximum (et les monter au maximum lors de sa première partie est tout à fait possible sans trop se forcer) que même en Cauchemar (difficulté la plus élevée le jeu) le jeu ne doit pas présenter de challenge particulièrement inhumain. J'ai d'ailleurs refait le premier monde en Cauchemar et je me suis baladé contre les ennemis.

Alice Madness Returns : Mer elle et fol

Au niveau de l'histoire, elle est assez opaque : beaucoup d'ellipses, enchaînement assez incohérent des différentes parties des mondes (mais dans les romans de Caroll, on passe aussi du coq à l'âne sans véritable logique), rencontre avec les habitants insolites du Pays des Merveilles avec lesquels on a des conversations pleines de bons mots, et phases dans le monde réel assez inutiles de prime abord (pas d'ennemis ou d'objets à récupérer, il faut simplement avancer en ligne droite) mais qui contribuent à l'ambiance mature du titre. Disons que le déroulement assez erratique de l'intrigue colle parfaitement aux troubles mentaux d'Alice, qui ne sait plus vraiment distinguer le réel et l'imaginaire, mais découvre enfin la vérité sur le drame qui la ronge depuis le premier épisode. La fin est très déconcertante, avec un générique qui tombe un peu comme un cheveu sur la soupe.

Au final, je suis sorti séduit de ce jeu, en dépit de premières impressions mitigées: un jeu old school, certes, mais au charme (suranné) indéniable. Encore un exemple de jeu ambitieux artistiquement qui n'a pas rencontré son public (si j'en crois certains avis "spécialisés"). Ironiquement, le jeu est aujourd'hui très difficile à trouver et sa côte à l'argus a beaucoup augmenté.

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Journey : Voyage spirituel

8 Décembre 2013 , Rédigé par Samizo Kouhei Publié dans #Critiques de jeu

Journey : Voyage spirituel

Comment exprimer par des mots l'expérience Journey ?

Autant je n'ai pas vraiment été convaincu par Flower de la même équipe, autant je hisse d'emblée ce "jeu" dans mon top des plus belles expériences vidéoludiques.

Un véritable pèlerinage sensoriel, où l'on guide un être muet, vêtu d'une cape de voyage et d'une écharpe, dans son voyage vers la montagne sacrée. Les rencontres avec d'autres pèlerins (incarnés par d'autres joueurs anonymes) permettront de rompre la solitude d'un monde magnifique, mais vide et jonché de ruines. La direction artistique est époustouflante : décors immenses dénués de toute interface, physique du sable fabuleuse, musique zen sans tomber dans le soporifique.

Alors certes, il n'y a pas de réel challenge (on ne peut pas mourir, il n'y a pas de combat et les séances de plateforme faciles), le principe des trophées contre-productif, l'aventure très courte (à peine 2 heures) à tel point que j'hésite même à utiliser le mot "jeu" pour le qualifier. Certains grinceront des dents au sujet du prix de 13 €, mais ce n'est pas cher payé pour un tel chef d'oeuvre. Il est désormais possible de se procureur une édition boîte comprenant également Flow et Flower pour un moindre coût.

Journey ne se raconte pas, Journey ne se joue pas. Journey se vit. Un pélerinage que tout possesseur de PS3 (et de PS4 !) se doit de faire au moins une fois dans sa vie de joueur.

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Dragon's Dogma : Des monts et merveilles

6 Décembre 2013 , Rédigé par Samizo Kouhei Publié dans #Critiques de jeu

Dragon's Dogma : Des monts et merveilles

Dire que j'ai attendu Dragon's Dogma, la nouvelle IP lancée avec force communication par Capcom en 2012, est un euphémisme. En fin de compte, un jeu avec de réels défauts, qui ne tient pas toutes ses promesses … mais assurément l'un des meilleurs jeux de la génération, ce que n'a fait que confirmer la version enrichie sortie cette année, Dark Arisen.

Dragon's Dogma : Des monts et merveilles

Reprenant le principe général de Monster Hunter (licence florissante au Japon de « chasse aux monstres »), Dragon's Dogma plonge le joueur dans un univers très occidentalisé, avec un mélange de créatures issues de la mythologie grecque (harpies, cyclopes) et du bestiaire médiéval fantastique. On incarne un personnage qui en tentant de sauver son village de l'attaque du dragon, se voit arracher son cœur par la créature ! Survivant à cette épreuve traumatisante, le héros (ou héroïne) hérite du titre d'Insurgé(e), chargé de vaincre le dragon. On ne tarde pas à découvrir qu'il y a une longue lignée d'insurgé(e)s et qu'on a le privilège d'être accompagné par un serviteur loyal appelé « pion ». 2 autres pions, « prêtés » online par les autres joueurs ou issus du jeu, peuvent être adjoints. Ils ne seront pas de trop face aux hordes de créatures qui surgiront dans un monde ouvert dense mais relativement restreint (1 village et 1 ville, quelques campements épars, quelques donjons) où la progression sera liée au niveau de l'équipe, des ennemis trop forts faisant office de barrage. Le principal intérêt du système de combat, très dynamique, surgit dans les combats contre les plus grosses créatures, qui seront plus délicats à négocier. Il faudra exploiter les points faibles et grimper sur leurs dos ! Cela permet des passages d'anthologie, où les personnages luttent de manière acharnée une nuit entière contre des meutes d'ennemis ! Ces combats jouissifs sont la grande force du titre. Le reste est un peu moins exemplaire …

Dragon's Dogma : Des monts et merveilles

La réalisation est hoquetante, avec quelques ralentissements et des problèmes techniques envahissants (la végétation qui « poppe » , l'aliasing). Dommage car la direction artistique est très bonne, tandis que l'animation est également excellente. Les créatures les plus grandes se meuvent avec autant de réalisme que possible.

Le background est intéressant, avec la nature des pions, l'immuabilité du dogme du dragon et les intrigues politiques, mais hélas, la mise en scène et l’écriture sont très médiocres, et l'histoire est aussi insignifiante que dans Kingdoms of Amalur (un jeu déjà tombé dans l'oubli en dépit de réelles qualités). Les quêtes secondaires ne sont pas plus intéressantes, se contentant d'être des quêtes FedEx (tuer X monstres, ramasser Y objets). La fin se révèle plus surprenante, mais le jeu se transforme en hack'n'slash plus fastidieux.

La version sortie cette année s'enrichit d'un nouveau donjon, à la difficulté rehaussée, et dont l'ambiance générale fait penser à celle de Dark Souls. J'ai replongé dans le jeu à l'occasion de cette nouvelle sortie, et j'ai vite retrouvé mes mécanismes et cette ambiance fabuleuse.

Dragon's Dogma : Des monts et merveilles

Alors, pourquoi malgré ces défauts, ai-je adoré le jeu ? Parce qu'il réussit à être toujours amusant, à être exigeant sans être cruel. Dragon's Dogma, c'est un défouloir dans un univers fantastique, où le fond est plus important que la forme. J'ose à peine imaginer une suite sur des machines plus évoluées techniquement ... Espérons que Deep Down, annoncé sur les nouvelles consoles de salon, saura retrouver l'esprit de Dragon's Dogma, et lui rendre hommage avec une réalisation supérieure.

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