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Assassination Classroom 1 & 2

29 Octobre 2013 , Rédigé par Samizo Kouhei Publié dans #Mangas

Assassination Classroom 1 & 2

La classe de 3E du collège de Kunugigaoka regroupe tous les élèves en difficulté ou à problèmes de cet établissement élitiste. Ils ont cours dans un bâtiment à l'écart des autres élèves. Et voilà qu'ils héritent d'un professeur tout à fait insolite : un extraterrestre qui, après avoir détruit la moitié de la Lune, menace de détruire la Terre dans un an ! Cet extraterrestre, rapidement surnommé "monsieur Koro" par ses élèves, est un poulpe dont la tête ressemble à un Smiley géant, et peut se déplacer à la vitesse de la lumière. Dernier détail : les élèves de 3E ont été chargés par le gouvernement de tuer leur professeur ... qui les encourage à se surpasser pour atteindre ce but !

Assassination Classroom est un des derniers titres à succès du Weekly Shônen Jump, que l'on doit à Yusei Matsui, un auteur dont la première oeuvre, Neuro le Mange-Mystères, avait eu droit à une quinzaine de tomes et une parution en français chez Glénat.

J'avais laissé tomber Neuro, parce que le dessin était vraiment mal foutu et l'ambiance étrange (et aussi parce que j'avais énormément de titres à lire / acheter à l'époque), mais je me suis laissé tenter par les 2 premiers tomes de ce nouveau titre. Le dessin est bien plus maîtrisé (mais aussi beaucoup plus classique), l'histoire est assez amusante, mais reste à voir comment elle va évoluer, entre un côté très shônen (humour, fan service) et une histoire assez malsaine (la "banalisation" de l'assassinat, la violence psychologique typiquement japonaise d'ostraciser les élèves en difficulté sans que personne n'y trouve à redire). Un titre dans tous les cas intrigant, assez en tout cas pour susciter mon intérêt entre shônen à rallonge et shojo insipides. Espérons que le titre ne dérape pas vers un énième titre de baston.

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La Ligue des Gentlemen Extraordinaires

28 Octobre 2013 , Rédigé par Samizo Kouhei Publié dans #Comics

A l'occasion de ma lecture du Dossier Noir et de Century 2009, petit retour sur une des dernières oeuvres en date d'Alan Moore (avec Kevin o'Neill au dessin), La Ligue des Gentlemen Extraordinaires. Vous connaissez peut-être ce nom via le film avec Sean Connery dans un des rôles principaux, mais sachez qu'en dehors du titre et de certains noms de personnages il n'a absolument rien à voir avec la série d'Alan Moore (qui comme à son habitude s'est complètement désolidarisé du projet cinématographique).

Que raconte cette série ? Il s'agit des aventures d'une équipe très particulière puisqu'elle est composée de personnages de la littérature occidentale de la 2ème moitié du XIXème siècle, et chargée de lutter contre les menaces sur l'Angleterre victorienne (qui était à l'époque la première puissance mondiale). La série compte 2 mini-séries de 6 épisodes chacune et un hors-série parues chez ABC Comics (un sous-label de Wildstorm, racheté entre temps par DC Comics) et une trilogie intitulée Century (en cours de parution) chez Top Shelf. En France, les 2 mini-séries ont d'abord été éditées chez Delcourt puis chez Panini (dans une édition Deluxe comprenant les bonus américains) tandis que les Century sont chez Delcourt. Petit retour sur les différentes parties de la série.

La Ligue des Gentlemen Extraordinaires

Dans la première mini-série, Moore et o'Neill racontent la constitution de la Ligue en 1898 sous les ordres de Mina Murray (la femme de Jonathan Harker, qui a repris son nom de jeune fille après son divorce et ses mésaventures dans Dracula). Elle est chargée par Campion Bond, un agent aux ordres de M, le mystérieux chef des services secrets de la Couronne britannique, de recruter une équipe de "Gentlemen extraordinaires". On retrouve dans l'équipe des personnages loin d'être des enfants de choeur : Alan Quatermain (un aventurier plus connu par 2 sous-Indiana Jones avec Richard Chamberlain dans le rôle-titre), le docteur Jekyll (dont l'alter ego monstrueux, Mister Hyde, a pris des proportions monstrueuses 10 ans après le roman de R.L. Stevenson), le capitaine Nemo (qui par rapport au personnage créé par Jules Verne est devenu un implacable terroriste Sikh) et Hawley Griffin (l'Homme Invisible du roman de H.G. Wells). Cette équipe disparate, à la moralité ambiguë, est chargée de combattre le Docteur (en fait le génie du mal Fu Manchu) qui veut mettre Londres à feu et à sang et convoite une pierre aux pouvoirs extraordinaires ...

Cette aventure se lit avec grand plaisir, mélange d'action (avec des scènes bien saignantes) et d'humour pince-sans-rire. Les références à la littérature de l'époque sont très nombreuses, de la présence du chevalier Dupin (de Double Assassinat dans la Rue Morgue d'E.A. Poe) aux allusions à Sherlock Holmes.

En bonus, on retrouve une nouvelle expliquant comment Alan Quatermain a pu échouer dans un tel état quand Mina le retrouve en Egypte.

La Ligue des Gentlemen Extraordinaires

Dans la 2ème mini-série, l'équipe est confronté à la Guerre des Mondes (d'après le roman d'H.G. Wells). Mais le péril pourrait ne pas venir uniquement des envahisseurs extraterrestres ...

Toujours aussi plaisant et fin. Le bonus est cette fois un guide de voyage d'une cinquantaine de pages sur les lieux insolites du monde entier. Une véritable gageure à lire, puisque chaque phrase fait référence à une oeuvre plus ou moins obscure de la littérature européenne, de Gulliver aux contes de Perrault. Alan Moore marquait ainsi sa volonté de s'éloigner du comic book classique d'équipe de super-héros pour un travail beaucoup plus méta. Moore essaie de lier toutes les oeuvres de fiction dans le même univers.

La Ligue des Gentlemen Extraordinaires

Le Dossier Noir est un hors-série approfondissant l'histoire de l'univers. Il est enfin disponible en français après de longues années après des problèmes de droits autour de certains personnages pas encore tombés dans le domaine public.

Il est composé de 2 parties : une partie "bande dessinée" à proprement parler et des "documents" du Dossier Noir de la Ligue.

L'intrigue prend place en 1958, dans l'Angleterre de 1984. Les services secrets britanniques se lancent à la poursuite d'un couple qui a dérobé le "Dossier Noir". On découvre en même temps qu'eux son contenu.

Alan Moore se livre à différents pastiches qui laisseront de marbre les gens qui ne sont pas familiarisés avec la littérature britannique mais qui approfondissent l'univers du titre : précédentes incarnations de la Ligue, destins ou passé des membres, rencontre avec les équivalents français et allemand de la Ligue, ... De même, Moore a poussé le vice en remplaçant certains personnages illustres par leurs équivalents fictionnels (ainsi Adolf Hitler est remplacé par Aloys Hynkel du Dictateur de Chaplin).

L'ouvrage est assez coûteux mais son prix s'explique par la multiplicité des papiers, la somme de texte à traduire et la présence de pages en 3D.

La Ligue des Gentlemen Extraordinaires

Dans le premier tome de Century, se passant en 1910, on suit les membres restants de la Ligue de 1898 et leurs nouveaux membres, dans leur recherche d'indices sur une future apocalypse et sur les prophéties de l'Enfant-Lune.

Parallèlement, on suit les aventures de la fille de Nemo et les pérégrinations de Jack l'Eventreur sur fond de comédie musicale !

Le titre a pris une orientation plus hermétique avec Century : allusions encore plus obscures, côté pompeux qui l'emporte sur le plaisir de lecture.

En bonus, on retrouve de courts extraits évoquant les personnages et évènements futurs ou à venir.

La Ligue des Gentlemen Extraordinaires

Dans ce tome tout juste sorti, Alan Moore continue sa trame complexe entamée par Century en campant cette fois l'histoire et les personnages dans le contexte de 1969.

Alan Moore cède complètement à ses principales préoccupations au détriment de l'histoire : l'occultisme, les références obscures à la pop culture britannique, la drogue et le sexe. Le dessin de Kevin o'Neill se met au diapason, avec un trait très bizarre et une colorisation psychédélique. Dans un premier temps, j'ai été très déçu mais après relecture du Dossier Noir et du Century précédent, j'ai beaucoup plus accroché.

La Ligue des Gentlemen Extraordinaires

Le dernier tome, qui se passe en 2009, conclue sur une note amère le combat de la "Ligue". Le contexte est beaucoup plus désenchanté qu'en 1969. L'identité de l'Enfant-Lune est transparente, même si aucun nom n'est cité pour d'évidentes raisons de droits.

La Ligue reste une oeuvre de longue haleine pour Alan Moore, qui est devenu bien plus qu'un comic book, même si au passage il a pu perdre de nombreux lecteurs par ses exigences littéraires.

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Punk Rock Jesus

24 Octobre 2013 , Rédigé par Samizo Kouhei Publié dans #Comics

Punk Rock Jesus

Urban Comics continue dans sa politique de découvertes aux côtés de sa pléthorique diffusion du meilleur de DC Comics, avec la publication d'une mini-série de Sean Murphy. Comme beaucoup de monde je suppose, j'ai découvert ce brillant artiste avec la publication de Joe the Barbarian (voir mon article sur ce chef d'oeuvre). Ici, il s'est chargé également de l'histoire, sur cette mini-série en 6 épisodes très récente, parue aux Etats-Unis chez Vertigo, et qui a suscité une vive polémique.

Dans un futur proche, la maison de production OPHIS a lancé un programme de téléréalité révolutionnaire : cloner Jésus Christ (à partir de cellules du controversé suaire de Turin)et filmer sa vie. L'émission suscite autant de rejet que de curiosité, et est suivie avec beaucoup d'intérêt par les fondamentalistes chrétiens. Mais suite à des événements tragiques, Thomas (le prénom du nouveau Jésus) fait sa crise d'adolescence, et plutôt que de devenir le Messie attendu par les chrétiens ... devient le plus farouche des athéistes, diffusant son message anti-chrétien par le punk ! Mais ce revirement n'est pas du goût de tous ...

L'histoire est volontiers provocatrice et dans les mains d'un auteur moins doué, aurait pu tourner au troll. L'auteur ne porte guère la religion dans son coeur, et ne présente les chrétiens que sous un jour peu flatteur (des fanatiques de la NCA aux terroristes de l'IRA). Pour autant, le héros n'est pas forcément très sympathique, et son athéisme forcené lui vaut des propos très durs envers ses proches. L'histoire est une dénonciation des dangers de la science, du fanatisme, des dérives des médias, mais aurait gagné à être plus subtile. Pas étonnant que la série ait suscité des polémiques aux Etats-Unis, où la religion reste très influente chez certains.

Sinon, le dessin est superbe (bien qu'il soit intégralement en noir et blanc) et l'édition d'Urban, superbe (postface de l'auteur, couvertures) même si j'ai trouvé la reliure un peu fragile. Un titre qui ne laisse pas indifférent, et que je vous conseille vivement de lire pour vous forger une opinion.

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Nou3

23 Octobre 2013 , Rédigé par Samizo Kouhei Publié dans #Comics

Nou3

1,2 et 3 sont des cyborgs armés jusqu'aux dents, se chargeant des opérations secrètes pour l'armée. Mais avant tout, ce sont respectivement un chien, un chat et un lapin kidnappés de leurs foyers pour être transformés en machines à tuer. Mais déjà, l'armée prévoit de les mettre au rebut. Une scientifique les libère, mais l'armée ne peut pas laisser dans la nature ces prototypes et lance la traque ...

Mini-série réalisée par le "duo magique" Grant Morrison et Frank Quitely, Nou3 avait déjà eu les honneurs d'une VF chez Panini, mais de sinistre mémoire. Urban propose ici une édition de qualité, reprenant le contenu de l'édition Deluxe originelle (soit 144 pages) pour un prix modique.

Je ne croyais pas être aussi remué par cette lecture : je ne suis pas un grand amoureux des animaux de compagnie et Morrison n'est pas connu pour écrire des histoires émouvantes, mais j'ai vraiment été secoué par cette histoire d'animaux transformés en armes vivantes et qui n'aspirent qu'à retrouver une vie normale. La part belle est donnée aux états d'âme des animaux, exprimés via leurs implants cérébraux. Une des grandes forces du récit repose sur leur psychologie toute animale, via des phrases très simples voire des simples mots: le chien est loyal et veut être un "bon chien", le chat est égoïste et individualiste et le lapin n'a pas de réelle personnalité.

Mais cette mini-série ne se contente pas d'être émouvante, puisque la forme est époustouflante : Frank Quitely est au sommet de son art, tant dans le dessin que dans le découpage. Ainsi, l'évasion des animaux est retranscrite via 6 pages en gaufrier de 18 cases. L'art séquentiel à son meilleur ! La violence explose via des cases très graphiques ou des pages entières.

Faut-il lire cette histoire ? Oui. Mais ceux qui ont un animal de compagnie auquel ils tiennent risquent bien de terminer la lecture en larmes. Je ne vous dirai évidemment pas si tout est bien qui finit bien ou pas, mais quoi qu'il en soit, vous devriez sortir éprouvé par cette mini-série, qui montre que Grant Morrison est talentueux même dans des projets moins psychotropes que d'habitude.

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Une introduction à Fables

23 Octobre 2013 , Rédigé par Samizo Kouhei Publié dans #Comics, #Urban, #Vertigo, #Fables

Une introduction à Fables

A l'occasion de la sortie de the Wolf Among Us, un jeu en épisodes par Telltale Games sur le comics culte Fables, une petite présentation du titre s'imposait.

Dans l'univers foisonnant des comics, il n'est pas toujours question de super-héros. Des labels se sont faits une spécialité de proposer des titres matures (comprenez par là qu'il ne s'agit pas de titres "adolescents", ultra-violents et avec blondes à forte poitrine), abordant la violence, le sexe ou autres thèmes adultes dans un autre but que de flatter les bas instinct du lecteur. Parmi ces labels, l'un des plus illustres est Vertigo, qui appartient à DC, et recèle de joyaux au succès critique et commercial avérés. Parmi les titres achevés,on peut citer Sandman de Neil Gaiman, Transmetropolitan de Warren Ellis ou bien encore Y le Dernier Homme de Brian K. Vaughan. A l'heure actuelle, les titres phares sont entre autre the Unwritten (2 volumes parus chez Panini mais rien encore du côté d'Urban) et Fables, dont le tome 19 vient de sortir en France (Urban a repris la publication depuis le tome 15 et réédite en parallèle les premiers tomes en format cartonné).

Une introduction à Fables

Fables raconte les (més)aventures des personnages des contes de fées de notre enfance (principe étendu aux contes extra-européens et aux héros de récits tombés dans le domaine public), obligés de se réfugier dans notre monde après que leurs mondes successifs soient tombés aux mains de l'impitoyable Adversaire. Ils vivent dans un quartier de New York, Fabletown, et leur existence est cachée aux yeux des mortels (ou "communs"). Pour autant, l'Adversaire n'en a pas fini avec eux, et les Fables doivent se préparer à une guerre sans merci ...

Les différents épisodes, regroupés en arcs entrecoupés d'épisodes uniques, relatent également les problèmes internes à la communauté des Fables, dont certains membres étaient les méchants de service dans les contes. Ainsi, le Grand Méchant Loup, qui se fait désormais appelé Bigsby et fait office de shériff de la communauté, doit enquêter sur la mort de Rose Rouge (la soeur méconnue de Blanche Neige) dans le premier arc de la série - un principe similaire au premier épisode de TWAU - . Dès le 2ème arc, on apprend ce qu'il en est des Fables qui ne peuvent pas se faire passer pour des hommes (animaux parlants, géants, fées), rassemblés dans une Ferme, à l'écart de toute civilisation. Par la suite, l'accent est mis sur le combat contre l'Adversaire et au retour des Fables dans leurs royaumes.

Une introduction à Fables

L'appelation "Mature" n'est pas là pour faire joli : les personnages de contes sont loin de l'image édulcorée qu'on s'en fait (les contes écrits à la base étaient d'ailleurs assez glauques) mais pour autant il ne s'agit pas que d'insuffler du sexe racoleur et de la violence débridée. Il est question des affres de la guerre, de la lutte contre l'oppression, et des ambiguïtés des Fables (les méchants qui ont accepté les règles ont été amnistiés de tous leurs crimes mais ne sont pas forcément devenus recommandables pour autant). Les couvertures sont superbes (signées de James Jean puis par Joao Ruas), mais le dessin intérieur, assuré par Mark Buckingham la plupart du temps, est assez irrégulier.
La série est actuellement la meilleure vente du label Vertigo (ce qui explique sa très longue longévité pour un titre sur ce label), et son univers s'est étendu au delà du titre régulier :

Une introduction à Fables

- Un graphic novel, intitulé 1001 nuits de Neige, qui comprend les histoires que Blanche-Neige a raconté au sultan pour éviter de mourir décapitée. Ces histoires, illustrées par divers auteurs, étoffent les backgrounds de certains personnages (et nous renseigne par exemple sur ce qui est advenu des 7 nains ...). Une réédition est prévue sous peu chez Urban.

Une introduction à Fables

- Une première série dérivée, Jack of Fables, consacrée au personnage de Jack. Elle s'est achevée aux Etats-Unis après avoir connu un crossover avec Fables (dispo en français chez Urban dans le tome 16 de Fables).

Une introduction à Fables

- Une nouvelle série dérivée, Fairest, sort depuis l'année dernière (et est prévue chez Urban). Elle s'intéresse aux héroïnes de Fables. Comme la série principale, elle est composée d'arcs entrecoupées de one-shots. Les couvertures sont dues à Adam Hughes, un autre cover artist très renommé.

Une introduction à Fables

- Peter et Max, un roman qui raconte le combat inévitable entre les frères Piper (terme signifiant "joueur de flûte"). Ce roman est disponible en français aux éditions Bragelonne.

Une introduction à Fables

- Comme précisé dans l'introduction, le jeu bénéficie depuis peu d'une adaptation en jeu vidéo sur le même principe et la même équipe que the Walking Dead. Je vous renvoie à mes impressions très positives sur le premier épisode.

Une introduction à Fables

- Je termine ce tour des "produits dérivés" par une adaptation "officieuse", la série télévisée Once Upon A Time. Le pitch de départ (les personnages des contes de fées se retrouvent projetés à notre époque) fait fortement penser à celui de Fables. Cependant, l'angle d'approche est beaucoup plus premier degré et grand public. C'est une série sympathique, même si certaines similitudes avec le comic book sont troublantes. J'en prends pour exemple la révélation en fin de saison 2 sur l'identité du futur grand méchant de la série. Il se trouve qu'il s'agit d'un personnage que Bill Willingham a finalement écarté de Fables pour des raisons de droits.

Une introduction à Fables

Fables est une série que je ne peux que vous conseiller, même si sa longévité l'expose aux mêmes problèmes que les autres séries-fleuves : sentiment de lassitude qui s'installe, délitement et "pourrissement" relatif de l'intrigue, difficulté à garder la flamme de l'intensité de l'intrigue.

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Batman Année Un

22 Octobre 2013 , Rédigé par Samizo Kouhei Publié dans #Comics

Batman Année Un

Urban continue sur sa lancée triomphale en proposant Batman Année Un, récit séminal de Frank Miller et Dave Mazzucchelli paru à l'origine dans Batman 404-407 (en 1986). Cependant, cette histoire a eu tellement de succès qu'elle a été vite remontée en graphic novel, avant de connaître quelques années plus tard une suite avec Un Long Halloween etAmère Victoire (par Jeff Loeb et Tim Sale). Cette histoire est une des inspirations à Batman Begins.

Comme son nom l'indique, ce récit raconte la première année d'existence de Batman. Mais aussi curieux que cela puisse paraître, il n'est qu'un personnage secondaire ! En effet, l'accent est surtout mis sur James Gordon. Avant d'être l'allié indéfectible de Batman, ce dernier arrive en tant que lieutenant dans une ville de Gotham où la police est corrompue et incompétente, après une mutation disciplinaire. Parallèlement, Bruce Wayne revient à Gotham après une quinzaine d'années d'absence. Il a l'intention de pourfendre le crime dans sa ville, 18 ans après le meurtre de ses parents par un criminel ...

L'histoire se déroule donc sur une année complète, les dates faisant leur apparition en haut de case. On suit l'évolution de Gordon qui va tenter de combattre la corruption, tandis que Bruce Wayne s'interroge sur les moyens de lutter contre le crime. Pas de super-vilains dans cette histoire, Batman est ici confronté à la police qui goûte peu les exploits de ce justicier, d'autant qu'il s'en prend au crime organisé, étroitement lié aux prétendues forces de l'ordre.

Un des récits incontournables sur Batman, à n'en pas douter : récit parfaitement écrit et maîtrisé, dessin épuré et efficace. Le contenu de cet album reprend celui de l'édition Deluxe américaine de 2007, avec une nouvelle colorisation (qui ne dénature pas l'oeuvre) et est donc le même que l'édition proposée en 2010 par Panini. Les seules différences sont une nouvelle traduction (sans doute meilleure que celle du controversé éditeur italien) et surtout la présence du Bluray / DVD de la récente adaptation animée, pour un prix à peine supérieur (20€ pour Urban contre 18€ pour Panini).

Quelques mots justement sur cette adaptation animée, extrêmement fidèle au matériau d'origine, sauf au niveau du graphisme, plus fouillé et moderne que celui de Mazzucchelli. Sachant que le contenu du Bluray / DVD est le même que celui de la version vendue dans le commerce (à l'exception d'un boîtier) à 10€, cette première édition (limitée) est le moyen idéal de faire d'une pierre deux coups et de se procurer en même temps qu'une pierre angulaire de la riche histoire de l'Homme Chauve-Souris un excellent film d'animation, dont le principal défaut est d'être un peu trop servile.

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Stardust Crusaders 9

22 Octobre 2013 , Rédigé par Samizo Kouhei Publié dans #Mangas

Stardust Crusaders 9

Après la résolution cocasse du "combat" contre Oingo & Bongo, la bande de Jôtaro tombe de Charybde en Scylla, avec 2 nouveaux affrontements tout aussi originaux et déjantés. L'histoire est toujours aussi haletante, drôle (ce que la série a perdu par la suite) et gore. Petite "innovation", il y a même un peu de fan service avec un antagoniste reconnaissable à ses longues jambes.

Au mois prochain pour un nouveau tome tout aussi relevé !

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Joe : L'Aventure intérieure

21 Octobre 2013 , Rédigé par Samizo Kouhei Publié dans #Comics

Joe : L'Aventure intérieure

Joe the Barbarian (ou Joe : L'Aventure intérieure en VF) est une maxi-série de 8 épisodes parue chez Vertigo et dessinée par Sean Murphy. Joe est un pré-ado qui a une vie difficile : son père soldat a été tué en Irak, sa mère pense à vendre leur maison pour faire face aux dettes ... et il souffre de diabète. Lors d'une visite scolaire, des petites frappes le privent de sa dose de sucre nécessaire pour éviter une crise d'hypoglycémie. Rentré chez lui, Joe subit une crise : ses jouets prennent vie, son rat domestique se transforme en guerrier, la maison devient un royaume en proie aux forces du Mal. L'obtention d'un soda devient alors une véritable quête ...

Grant Morrison mêle parfaitement chronique sociale et heroïc fantasy : les 2 univers se mêlent parfaitement, la quête initiatique se double d'une réflexion sur l'enfance et le pouvoir de l'imagination.

Une fois n'est pas coutume pour Vertigo et Morrison, c'est une histoire tout public. Grant Morrison réussit là où Ghostopolis m'avait déçu : une histoire pour (pré)ados mais qui plaire à tous. Le dessin est superbe, pour ne rien gâcher.

Y-a-t-il une limite au génie de Morrison ?

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One Piece 68

21 Octobre 2013 , Rédigé par Samizo Kouhei Publié dans #Mangas

One Piece 68

Suite des mésaventures de Luffy sur Vegapunk. Toujours séparé, l'équipage tente de surmonter les dangers et de mettre la main sur l'instigateur des expériences scientifiques qui mettent l'île sens dessus dessous.

La narration éclatée commence à trouver ses limites, avec une histoire assez confuse à suivre, très verbeuse. Cependant cette histoire a le mérité d'enrichir encore plus l'univers du manga, avec un tour très sombre (le développement d'armes chimiques de destruction massive ... par un membre dissident de la Marine). Les différentes factions mettent de côté leurs différends pour mettre fin au danger que représente Cesar Clown et ses expériences.

Il fut un temps où One Piece n'était qu'un shônen aventure de plus. Mais le succès colossal du manga en a fait quelque chose de plus grand, un mastodonte dont on espère qu'il ne s'effondrera pas.

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Flex Mentallo

19 Octobre 2013 , Rédigé par Samizo Kouhei Publié dans #Comics

Flex Mentallo

Flex Mentallo est une création de Grant Morrison dans Doom Patrol, un titre Vertigo mettant en scène une équipe de super-héros anormaux. Parodie des pubs Charles Atlas pour le développement physique, ce personnage doté du pouvoir du "Mystère du Muscle" avait fini par rencontrer dans les pages de Doom Patrol son créateur, le scénariste de comics Wally Sage ! Grant Morrison mettait en scène une de ses obsessions : la métafiction, car Wally Sage n'est pas un simple scénariste, il possède des pouvoirs psychiques qui ont donné une existence tangible à Flex Mentallo.

En 1996, en plein âge sombre des comics, G. Morrison s'associe pour la première fois avec Frank Quitely, collaboration poursuivie par la suite sur Nou3, New X-Men et Batman & Robin, sur une mini-série en 4 épisodes mettant en scène le culturiste de plage, et poussant encore plus loin la réflexion sur l'impact des super-héros sur la réalité. Flex Mentallo se met en quête de son vieil allié le Fait, alors qu'une conspiration menace de faire disparaître le monde. Dans le même temps, Wally Sage tente de mettre fin à ses jours et se confie à SOS Amitié.

Il s'agit d'un manifeste de l'auteur en faveur de l'âge insouciant des super-héros. L'histoire se mêle d'éléments autobiographiques (quand Wally raconte l'impact qu'ont eu sur lui dans sa jeunesse les récits de super-héros) et il faut bien s'accrocher (ou relire plusieurs fois comme je l'ai fait) pour ne pas perdre le fil du récit, entre fiction et réalité. Mais la fiction et la réalité sont-elles bien celles qu'elles semblent être ? Et si c'était le monde des super-héros la réalité ? Les références sont très abondantes, et les 4 épisodes autant de relectures des âges des comics (le dernier épisode étant une conclusion satisfaisante pour l'auteur alors qu'on est encore en plein âge sombre).

Un récit sans temps morts, sans moralisation ou "francis cabrelisme", même si on sent tout de suite les sympathies de l'auteur pour l'Age d'Argent et son mépris pour l'Age Sombre (considéré comme une phase d'adolescence, où les héros et héroïnes ultra-sexuées finissent par crever lors d'une partouze). Le dessin de Frank Quitely est au sommet.

Une lecture très complexe, déstabilisante, mais indispensable pour comprendre le message que G. Morrison veut transmettre dans ses comics : même dans les moments les plus sombres, les super-héros sauveront le monde.

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