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Une introduction à Sandman

19 Décembre 2014 , Rédigé par Samizo Kouhei Publié dans #Comics, #Vertigo, #Urban

Une introduction à Sandman

J'ai chroniqué les tomes 4 et 5 de Sandman mais je n'avais pas encore présenté l'oeuvre sur le blog. Dont acte avec une présentation de l'auteur, de l'oeuvre et des 2 tomes déjà sortis et que je n'avais pas chroniqués ici. Urban a en fait créé sa propre édition du titre (expliquant sans doute la sporadicité des sorties), faisant des tomes Deluxe mélangeant épisodes de la série régulière, mini-séries ou épisodes spéciaux, bonus et extraits du Sandman Companions (un livre d'entretien entre un journaliste et Neil Gaiman sur la série).

Pour ceux qui ne connaîtraient pas cette oeuvre monumentale, qui a été publiée aux Etats-Unis de 1989 à 1996, elle met en scène Dream, alias Morphée, Sandman, ... En d'autres termes, il s'agit du Roi des Rêves et par extension de la création artistique. Rêve est un des Infinis, des représentations anthropomorphiques de concepts régissant la vie des hommes : Death, Destiny, Desire, Delirium, ... Bien plus qu'un récit horrifique (particulièrement sur les 2 premiers arcs contenus dans ce volume), le titre est une relecture de récits et de contes issus de tous âges et raconte l'évolution de Dream (qui par ses pouvoirs et son immortalité a du mal à comprendre les hommes), ses relations compliquées avec ses frères et soeurs les Infinis ... Même si on peut lire les différents arcs séparément, on se rend vite compte que tout détail, tout personnage même insignifiant de prime abord jouera un rôle dans l'intrigue, parfois des années plus tard.

Le scénariste, Neil Gaiman, est un écrivain anglais spécialisé dans le fantastique, auteur de Coraline, Stardust, et de bien autres oeuvres. Dans les comics, outre Sandman, il a oeuvre entre autres sur 1602 et Les Eternels pour Marvel.

Dans le premier épisode, qui se déroule en 1916, Dream est arraché de son royaume et emprisonné sur Terre par le rituel d'un magicien qui voulait capturer la Mort. L'emprisonnement de Dream a des conséquences désastreuses avec des gens qui ne peuvent plus dormir ou qui au contraire ne se réveillent plus. Ce n'est que 70 ans plus tard qu'il peut s'échapper. S'en suivent 6 épisodes où le Sandman part à la recherche de ses artefacts (un masque, un sac de sable et un rubis), et croise la route de Lucifer, John Constantine ou bien encore de l'Epouvantail.

L'épisode 8 marque une rupture avec l'apparition de Death, qui contre toute attente est une jeune fille enjouée.

L'arc suivant, entrecoupé de one-shots a priori insignifiants (un conte africain, les rencontres centenaires entre Dream et un homme qu'il a rendu immortel) voit le Maître des Rêves partir à la recherche de serviteurs qui sèment la pagaille sur Terre.

Il ne faut pas envisager cette oeuvre comme une BD, mais comme un "roman graphique", tant le contenu est littéraire (sans tomber dans le pompeux). Gaiman est un maître pour tisser un univers onirique aux recoins très sombres (l'épisode 6 où John Dee torture jusqu'à la mort les clients d'une cafeteria ; les récits des exactions des serial killers en séminaire). Je ne saurais que conseiller la lecture de Sandman aux gens réfractaires aux comics en temps normal, tant le titre se hisse à un autre niveau par ses exigences artistiques (même si le dessin n'est pas forcément le point fort du titre).

Une introduction à Sandman

La série prenait définitivement son envol avec les épisodes, contenus dans le tome 2 de cette réédition. 2 arcs composent ce volume.

Le pays du Rêve : 4 épisodes indépendants qui ont pour fil conducteur le souhait et ses conséquences. Le point d'orgue de ces épisodes est le #19, Songe d'une Nuit d'Eté, qui relate la représentation de la pièce éponyme de William Shakespeare devant le peuple des Fées (qui voient donc des acteurs humains jouer leurs rôles !). Dans le premier volume de Sandman, Shakespeare avait passé un marché avec Morphée ; l'inspiration contre 2 pièces commandées. Dans cet épisode qui hisse la série au delà du simple cadre de la BD, une mise en abyme entre la pièce, les commentaires des Fées, ainsi que le drame qui se noue autour d'Hamnet, le fils de Shakespeare, tandis que ce dernier, stressé par la représentation, en est inconscient. Cet épisode fut très longtemps la seule BD a remporter un prix littéraire : le World Fantasy Award de la meilleure nouvelle.

La saison des Brumes : Après un repas particulièrement houleux avec ses frères et soeurs les Infinis, Morphée décide de sauver sa bien-aimée Nada qui croupit depuis 10 000 ans en Enfer (par sa faute). Dans le tout premier arc de la série, son voyage s'était mal passé, puisqu'il avait dû batailler avec un démon pour récupérer son casque, tandis que le maître des lieux, Lucifer, l'avait menacé de le tuer s'il remettait les pieds en Enfer. Morphée se prépare à livrer un combat ... qui n'a pas lieu, car Lucifer décide d'abandonner la direction de l'Enfer ! Il laisse Morphée le soin de donner les clés (littéralement) à un nouveau maître. S'en suit un défilé presque exhaustif des panthéons et forces primordiales.

Le volume est agrémenté d'une centaine de pages de bonus : entretiens avec Neil Gaiman, crayonnés, commentaire page par page du fameux épisode #19. La série concilie dès lors succès critique et commercial.

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