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DangaRonpa : Le lycée c'est mortel !

4 Septembre 2014 , Rédigé par Samizo Kouhei Publié dans #Critiques de jeu

DangaRonpa : Le lycée c'est mortel !

DanganRonpa : Trigger Happy Havoc est le remake Vita d'un Visual Novel sorti uniquement au Japon sur PSP. Il a été édité par Spike Chunsoft, déjà responsable dans le même style de 999 et Virtue's Last Reward.

On incarne Makoto, un lycéen lambda qui reçoit une invitation au prestigieux lycée Hope's Peak, où ne sont conviés que les lycéens maîtres dans leur domaine (mais souvent extra-scolaire, comme le meilleur écrivain de fanfic ou le meilleur chef de gang de motards). Après s'être évanoui à peine rentré dans l'établissement, il découvre très vite qu'il est prisonnier de cet établissement, à l'instar de 14 autres camarades. Seul moyen de sortir : obtenir son diplôme, qui consiste à réaliser le crime parfait : assassiner un camarade, ne pas se faire prendre et être acquitté par ses pairs.

DangaRonpa : Le lycée c'est mortel !

Le gameplay est un mélange entre plusieurs genres :

- Le Visual Novel avec ses nombreux textes. On circule dans l'établissement scolaire en point de vue subjectif et on observe les décors et discute avec les personnages (représentés par des silhouettes "plates"à la Parappa the Rapper). Grâce à la carte et ses raccourcis, on peut circuler rapidement entre les différents endroits.

- La simulation de vie sociale à la Persona : entre 2 péripéties, on peut discuter avec ses compagnons d'infortune, en apprendre un peu plus sur leur passé et leur offrir des cadeaux. L'intérêt de ces relations est d'accorder des Skill Points et des capacités qui servent à la dernière partie du gameplay, la plus intéressante.

- Les phases d’enquête et de procès comme dans les Ace Attorney. En effet, la vie dans la "prison dorée" dans laquelle sont enfermés les lycéens est vite perturbée par le premier d'une longue série de meurtres. Après une phase d'enquête sur le meurtre (facilitée par un raccourci de touche qui montre tous les éléments à inspecter), les personnages sont conviés à un procès, où ils sont à la fois juges et parties ! En cas de mauvais verdict, le coupable impuni est libre tandis que tous les autres sont tués pour leur faute !

DangaRonpa : Le lycée c'est mortel !

Les phases de procès bénéficient d'une mise en scène très dynamique : les différents personnages interviennent, leurs phrases sont mises en évidence, sautent à l'écran, sur des musiques électro très nerveuses. Il faut uniquement pointer les contradictions (figurées par des mots en jaune) au départ, mais le gameplay évolue rapidement (il faut choisir entre plusieurs preuves, mémoriser certaines affirmations pour les pointer comme contradictions). Ce n'est pas plus simple pour autant car il y a des subtilités (on est sanctionné si on "objecte" à tout va, il faut "tirer" sur les contradictions).

Les phases de "plaidoirie" sont entrecoupées de questions permettant de regagner de la vie en cas de bonne réponse. D'autres séquences apparaissent, comme un pendu (pour donner une explication en dehors des preuves), des phases de jeu de rythme (pour faire craquer un personnage ancré dans ses convictions) et les procès se terminent par une reconstitution sous forme de BD (il faut remettre les cases dans l'ordre).

Le gameplay est plus actif que dans Ace Attorney car il faut réagir vite pour mettre en lumière les contradictions (sachant qu'elles défilent vite et qu'elles peuvent être parasitées par des pensées qu'il faut dégommer). On est donc tenu en haleine devant des affaires qui se révèlent pleines de surprise (le coupable de prime abord est le plus souvent innocent, le déroulement du crime n'est jamais évident).

DangaRonpa : Le lycée c'est mortel !

La partie technique est satisfaisante pour un Visual Novel : les décors sont stylisés à défaut d'être très fouillés, la représentation des personnages en 3D "plate" de bon goût et le jeu est heureusement très fluide. Les musiques, tantôt enjouées, tantôt nerveuses, sont très bonnes dans leur ensemble. On les doit à Masami Takafuda, déjà responsable d'OST de jeux aussi barrés que No More Heroes et Killer 7.

La direction artistique ne plaira pas à tout le monde : certains personnages ont des designs très curieux et la représentation de la violence assez curieuse. Ainsi le sang (en abondance vu la teneur brutale des crimes) est représenté par de la peinture en bombe rose fluo. De même les châtiments réservés aux coupables sont aussi violents que cartoonesques dans leur représentation. Cela est sans doute dû à la volonté de désamorcer la noirceur d'une histoire qui serait sans ces touches d'humour noir insoutenable (à la manière de la série des Corpse Party, qui va très loin dans la description des atrocités).

D'ailleurs l'esprit du jeu est résumé par le personnage de Monokuma, une peluche d'ours télécommandée qui fait office de geôlier. Ce dernier fait preuve d'un humour macabre de mauvais goût, n'hésite pas à malmener les lycéens qui ne respecteraient pas le réglement.

DangaRonpa : Le lycée c'est mortel !

L'histoire réserve son lot de surprises, même si j'avais vu venir certaines révélations. e regrette que la fin ne soit pas si intense que lors du dernier procès d'un Ace Attorney et qu'on reste un peu sur sa faim. Je suis cependant resté en haleine durant la vingtaine d'heures que dure l'intrigue principale.

Une fois fini le jeu, on peut rejouer les différents chapitres (du début ou à partir du procès) et un nouveau mode de jeu apparaît. C'est une histoire alternative reposant sur les relations sociales et la récolte / fabrication d'objets (dans l'esprit de la série des Atelier). Pour tout débloquer (et éventuellement platiner le jeu), il faudra donc passer des heures supplémentaires dans cet établissement hors normes.

DangaRonpa : Le lycée c'est mortel !

Je ne peux que conseiller ce nouveau représentant d'un genre qui creuse son trou petit à petit en France. Le jeu est parfait pour la Vita, qui se révèle de plus en plus comme la reine des jeux de niche. Vivement la suite déjà prévue pour la rentrée !

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