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Neonomicon

8 Janvier 2014 , Rédigé par Samizo Kouhei Publié dans #Comics

Neonomicon

J'avoue que je ne suis plus vraiment les dernières productions d'Alan Moore. Mais quand j'ai vu un album scénarisé par l'illustre personnage, je ne pouvais faire autrement que de le mettre sur ma liste de Noël. Je l'ai eu en cadeau, je l'ai lu hier soir et ce n'est clairement pas une lecture à mettre entre toutes les mains.

Inspiré par l'oeuvre de HP Lovecraft (et son mythe de Cthulhu), Alan Moore a livré une mini-série de 4 épisodes chez Avatar Press, un éditeur américain connu pour ses oeuvres gore et pornographiques, et qui a acquis une certaine renommée en France avec la publication de titres de Warren Ellis (de très bonne qualité). Alan Moore reconnaît lui-même que Neonomicon est un travail alimentaire. Pour autant il s'en sort bien.

Ce n'est pas la première fois qu'Alan Moore utilise l'univers lovecraftien, puisqu'il y avait déjà eu des nouvelles autour de cette mythologie cauchemardesque dans La Ligue des Gentlemen Extraordinaires.

L'album proposé par Urban regroupe un prologue de 2 épisodes, parus à l'origine aux Etats-Unis en 2003 sous le nom de The Courtyard, et la mini-série Neonomicon, parue en 2010.

Dans le prologue, Alan Moore se livre à une transcription du mythe à l'époque contemporaine (avec quelques différences). La mini-série prend la suite de ce prologue (qui n'était pas censé être prolongé) et prend une dimension intéressante, puisque la littérature lovecraftienne existe dans cet univers, permettant un parallèle entre la fiction ... et la réalité. Les personnages commentent l'oeuvre de Lovecraft et la personnalité controversée de l'auteur (notamment son asexualité et son racisme virulent) tout en vivant des péripéties qui auraient pu se produire dans ses écrits.

Ce récit, qui commence comme une enquête occulte bascule rapidement dans l'horreur. Autant le dire tout de suite, si la violence est très graphique, c'est surtout les scènes à caractère sexuel (nombreuses et explicites) qui feront fuir les lecteurs les plus farouches. Si l'absence de scènes sexuelles et romantiques dans l'oeuvre de Lovecraft est largement commentée, on ne peut pas en dire autant d'Alan Moore, qui n'a aucun tabou en ce qui concerne la représentation de la sexualité (au point de lui poser quelques soucis de publication). Sans la qualité d'écriture et le commentaire méta propres à l'auteur, on aurait presque l'impression d'être devant un petit format Elvifrance.

Je ne peux décemment conseiller ce comic book à tout le monde. C'est du Alan Moore, certes, mais l'ambiance est tellement malsaine et explicite que ce titre est à réserver aux lecteurs les plus avertis.

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Pippoletsu 05/03/2014 17:15

Et il va sans dire qu'une assez bonne connaissance du mythe aide à la compréhension et l'appréciation globale.
Personnellement ce récit m'a glacé, comme rarement je le suis hors Lovecraft. Ce qui est dans le fond profondément positif ^^