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Dishonored : Tout l'honneur est pour moi

4 Décembre 2013 , Rédigé par Samizo Kouhei Publié dans #Critiques de jeu

Dishonored : Tout l'honneur est pour moi

J'attendais énormément Dishonored depuis les premières informations, comme un jeu proche de Bioshock dans l'esprit : un FPS avec une direction artistique hors du commun et un univers passionnant. Les premiers tests sont tombés, enthousiastes. Le fait qu'il s'agisse d'un jeu français, que l'on doit à Arkane (mais soutenu financièrement par Bethseda, l'éditeur derrière les Elder Scrolls) était au choix un point positif ou un élément de suspicion (les notes ne sont-elles pas un coup de pouce, un copinage dans un milieu souvent critiqué pour sa "consanguinité"). Le jeu mérite-t-il son succès critique ? A-t-il sa place dans les tops des jeux de cette génération finissante ?

Dunwall, une ville steampunk (où l'huile de baleine remplace la vapeur) frappée par une épidémie de peste, voit le meurtre de sa dirigeante. Corvo, protecteur de l'Impératrice, est accusé de ce meurtre et de l'enlèvement d'Emily, l'héritière du trône. Il est chargé par les opposants au Régent (qui a apparemment commandité le meurtre) d'éliminer des personnalités influentes pour rétablir Emily sur le trône ... L'histoire se laisse suivre sans déplaisir, elle comprend des coups de théâtre bien amenés, mais je regrette que la partie après ledit coup de théâtre soit assez peu développée, pour arriver à une fin un peu abrupte. Le jeu offre d'ailleurs 2 fins, en fonction de ses actions durant la partie : tuerez-vous tout le monde ou tenterez-vous d'épargner toute vie humaine ? Pour ma part, j'ai eu la "bonne fin", ne tuant "seulement" que les soldats ou les geignards qu'une fois acculé (ce qui m'est assez peu arrivé). Je me rends compte que j'aurais pu faire autrement, peut-être approfondir l'exploration des lieux (par exemple, dans l'une des premières missions, j'ai choisi de déléguer la disparition de mes cibles à un tiers, et du coup, je n'ai pratiquement pas visité l'endroit en question).

La direction artistique est dans tous les cas superbe et permet de passer outre une technique parfois un peu faible (textures en basse résolution, bugs graphiques en fin de partie). L'univers est enrichi par de nombreux documents à lire, des affiches sur les murs et des dialogues de PNJ plutôt variés. Le choix d'un univers "victorien" marqué par la Révolution industrielle, la peste et les inégalités sociales campe une formidable ambiance.

Dishonored : Tout l'honneur est pour moi

J'en arrive justement à une des grandes forces du jeu : la liberté de progression. Le gameplay permet plusieurs approches : discret ou bourrin, pragmatique ou étudiée, banale ou surnaturelle. De plus, le jeu n'en privilégie aucune et on peut basculer à tout moment dans un autre style. On est donc loin du pur jeu d'infiltration ou des facilités du level design de Deus Ex. Les aires de jeu sont en effet très vastes, et un écran de statistiques en fin de mission permet de voir si on a trouvé tous les objets cachés (runes, tableaux), pièces d'or (directement ou sous formes d'objets de valeur) et fait les quêtes secondaires (qui permettent d'influencer sensiblement le cours de l'histoire).

Le gameplay est souple au possible : la main droite est réservée à la lame (pour combattre les ennemis, les égorger ou les étrangler par derrière) et la main gauche entre armes secondaires et pouvoirs. Certains joueurs ont apparemment choisi de ne pas utiliser ces pouvoirs, afin de ne pas se faciliter la tâche. Il est vrai que certains sont (trop ?) efficaces si on choisit de grimper sur les bâtiments ou de massacrer ses opposants.

Dishonored : Tout l'honneur est pour moi

Pour autant, je ne crierai pas au génie devant ce jeu comme j'ai pu le faire devant le premier Bioshock. Pourquoi ? Parce que le jeu de Ken Levine transcendait le "simple" statut du jeu vidéo, en apportant une réflexion sur le média et au delà. Dishonored est "seulement" un très bon jeu, un des meilleurs de 2012 à coup sûr, mais au final, ce n'est qu'une synthèse parfaitement réussie de plusieurs styles, dans un écrin artistique brillant, mais qui souffre malheureusement d'une deuxième moitié d'histoire assez bâclée (le "mal" de cette génération). Le jeu ne dispose pas d'un New Game Plus, mais on peut rejouer les missions pour améliorer son score ... et surtout utiliser d'autres approches pour mener à bien ses objectifs : approche frontale, assassinat sournois, meurtre maquillé en accident (en utilisant ses pouvoirs ou pas) ou solutions non létales.

Un jeu brillant, qui un an après reste un des meilleurs jeux de cette génération. J'attends désormais une baisse des prix des DLC, ou de l'édition Jeu de l'Année afin de replonger dans cet univers riche, qui espérons-le, sera encore exploité avec la même maestria.

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